les pouvoirs : le pouvoir
Le monde juridique ! ennemis du peuple ? « Tous pourris » ? On a raison de se méfier de ces caricatures. Mais en un temps où la plus haute fonction de la chose juridique évoquent la nécessité de restaurer la cohésion sociale, l’unité nationale ou le pacte de confiance entre citoyens et justice, il est peut-être bien venu de s’interroger concrètement sur les mécanismes qui peuvent conduire certains représentants de l’institution bafouer les droits des citoyens. Abus de biens publics, abus de confiance, abus de pouvoir : quelques « affaires » récentes ont démontré que ces pathologies de la justice constituent une menace réelle pour la vie démocratique, non seulement par les torts directs qu’elles peuvent causer, mais plus largement par le climat de méfiance qu’elles contribuent à installer. Malversation, corruption, lobbying, désinformation, manipulation des services de police, des magistrats, des médias et de l’opinion publique : au mépris du bien commun et de ses engagements, le juriste-voyou ne recule devant aucun moyen pour satisfaire une ambition personnelle, comme s’il ne devait jamais être amené à répondre de ses actes. Il n’hésitera pas, le moment venu, à enfreindre directement les droits d’un particulier ou d’une personne morale, en parant ses délits du prestige de sa fonction.
La perte du sens du bien commun et des libertés fondamentales se redouble en effet chez le juriste-voyou d’une forme de cécité morale qui semble proprement liée à l’exercice du pouvoir, à l’infatuation et au sentiment d’immunité qu’il suscite. Il faut s’interroger sur les raisons de ce phénomène. Est-ce le pouvoir lui-même qui conduit naturellement à l’abus, par l’effet de sa propre logique ? Est-on fondé à dire que le pouvoir corrompt, y compris les meilleurs ? Et dans ce cas, comment espérer encore accorder l’idéal de justice aux exigences de la vie politique ? Ou bien faut-il incriminer des personnalités-types, des « profils » de délinquants de magistrat et de haut fonctionnaire ? Quelle idée, d’ailleurs, ont-il du pouvoir que leur octroyons les institutions ? Se voient-ils comme chef ou comme mandataire ? Comme un entrepreneur ou comme un fonctionnaire ? Le scrupule, en justice, se limite-t-il au sentiment du « risque » encouru ?
« L’ambitieux prend les pouvoirs comme fin, et les adore en tous ses actes », disait le philosophe Alain. Mais si le pouvoir se délègue, la vigilance, elle, ne se délègue jamais. A la responsabilité des juristes répond donc le devoir du politique, qui est d’obéir à la loi tout en exerçant une surveillance et un contrôle continus des pouvoirs. Or quels sont, dans les faits, les mécanismes de contre-pouvoir, les leviers de contrôle qui permettent aux citoyens de résister contre les abus de pouvoirs en tout genre, et notamment de la part de ceux qui ont pour devoir de les defendre ? Jusqu’à quel point le « quatrième pouvoir », celui des médias, peut-il être envisagé comme un recours, s’il est établi que les politiques et les juristes y trouvent un relais direct de leur action ? Que peut-on attendre du « cinquième pouvoir », celui de la « blogosphère », ou encore de la constitution de « jurys de citoyens » chargés d’évaluer l’action publique et juridique ?
Telles sont quelques unes des questions qui restent à élucider . Dans l’espoir que la vie de justiciable ne se réduise pas à un simple rapport de force, et qu’elle ne soit donc pas complètement déconnectée des préoccupations humaines et éthiques.
La perte du sens du bien commun et des libertés fondamentales se redouble en effet chez le juriste-voyou d’une forme de cécité morale qui semble proprement liée à l’exercice du pouvoir, à l’infatuation et au sentiment d’immunité qu’il suscite. Il faut s’interroger sur les raisons de ce phénomène. Est-ce le pouvoir lui-même qui conduit naturellement à l’abus, par l’effet de sa propre logique ? Est-on fondé à dire que le pouvoir corrompt, y compris les meilleurs ? Et dans ce cas, comment espérer encore accorder l’idéal de justice aux exigences de la vie politique ? Ou bien faut-il incriminer des personnalités-types, des « profils » de délinquants de magistrat et de haut fonctionnaire ? Quelle idée, d’ailleurs, ont-il du pouvoir que leur octroyons les institutions ? Se voient-ils comme chef ou comme mandataire ? Comme un entrepreneur ou comme un fonctionnaire ? Le scrupule, en justice, se limite-t-il au sentiment du « risque » encouru ?
« L’ambitieux prend les pouvoirs comme fin, et les adore en tous ses actes », disait le philosophe Alain. Mais si le pouvoir se délègue, la vigilance, elle, ne se délègue jamais. A la responsabilité des juristes répond donc le devoir du politique, qui est d’obéir à la loi tout en exerçant une surveillance et un contrôle continus des pouvoirs. Or quels sont, dans les faits, les mécanismes de contre-pouvoir, les leviers de contrôle qui permettent aux citoyens de résister contre les abus de pouvoirs en tout genre, et notamment de la part de ceux qui ont pour devoir de les defendre ? Jusqu’à quel point le « quatrième pouvoir », celui des médias, peut-il être envisagé comme un recours, s’il est établi que les politiques et les juristes y trouvent un relais direct de leur action ? Que peut-on attendre du « cinquième pouvoir », celui de la « blogosphère », ou encore de la constitution de « jurys de citoyens » chargés d’évaluer l’action publique et juridique ?
Telles sont quelques unes des questions qui restent à élucider . Dans l’espoir que la vie de justiciable ne se réduise pas à un simple rapport de force, et qu’elle ne soit donc pas complètement déconnectée des préoccupations humaines et éthiques.
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